Péri-implantite : facteurs de risque

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La péri-implantite est l’infection qui se produit autour de l’implant et qui affecte la gencive et l’os. Elle entraîne la perte progressive de l’os et peut parfois conduire à la perte de l’implant.

Actuellement, on considère qu’un implant a échoué quand il y a une perte d’os de plus de la moitié de la longueur de l’implant, autrement dit, quand plus de la moitié de l’implant n’est plus entouré d’os.

La décision sur la pose ou non d’un nouvel implant dépend de l’âge du patient, du volume d’os suffisant pour un implant plus court, de l’existence ou non de douleur, etc.

Dans notre clinique dentaire, à Saint-Sébastien, nous sommes spécialisés en implants dentaires, une solution qui peut durer des dizaines d’années.

Les facteurs qui déterminent le volume d’os perdu

Le volume d’os perdu dépendra de la technique de chirurgie implantaire utilisée, de l’état de santé et des habitudes du patient, des caractéristiques de l’os, de l’implant et de la prothèse appliquée sur l’implant.

  1. La chirurgie
  2. Le patient
  3. Le lit implantaire
  4. Les caractéristiques de l’implant
  5. La prothèse

 

1. La chirurgie

Localisation de l’implant

Le pronostic diffère suivant la zone de la bouche où se trouve l’implant. Si dans la zone en question, la gencive est fine et mobile, le risque de péri-implantite augmente.

Protocole de fraisage

Pour poser un implant, il faut fraiser l’os, avec une fraise ou une perceuse, en évitant qu’il ne chauffe pour ne pas compromettre son ostéointégration, autrement dit l’union de l’implant à l’os. Par conséquent, il faudra irriguer ou fraiser avec infiniment de précaution.

L’implant doit rester fixe, sans bouger. C’est la stabilité primaire nécessaire pour qu’il y ait une parfaite union entre l’implant et l’os. Mais il ne doit pas être vissé avec trop de pression, car cela empêcherait le flux sanguin et rendrait difficile la formation d’os adhérant à l’implant.

Type d’os

La technique chirurgicale dépend de la densité et de l’anatomie de l’os où va être placé l’implant.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il y a plus de problèmes de perte d’os quand celui-ci est très dur ou cortical (os type I) que lorsqu’il présente très peu de densité ou qu’il est spongieux (os type IV).

Le lit osseux qui va recevoir l’implant peut être constitué d’os de différentes densités. Bien connaître la biologie grâce au scanner nous permettra de choisir la technique adaptée à chaque situation.

Distance dent-implant

Traditionnellement, on maintient une distance de 2 mm entre l’implant et la dent naturelle voisine, pour qu’il se forme suffisamment d’os autour de l’implant et pour assurer le maintien de l’intégrité de la racine de la dent, sans l’abîmer.

Dans certains cas, on peut aller jusqu’à 1,5 mm de la racine s’il n’y a pas d’autre solution. Une distance inférieure pourrait entraîner une perte d’os et donc une péri-implantite.

Distance minimale entre implants

Dans le cas de deux implants ou plus consécutifs, la largeur d’os nécessaire entre implants est de 3 mm, pour qu’il n’y ait pas de perte osseuse dans cette zone postérieurement.

Inclinaison de l’implant

Dans la partie postérieure de la bouche, l’implant doit être placé au milieu de l’alvéole. C’est plus compliqué dans la partie antérieure, surtout sur le maxillaire supérieure, car l’implant doit être positionné et sortir dans l’alignement de l’axe de la dent, par le palais. On facilite ainsi l’accès à la vis sans que cela n’affecte l’esthétique, contrairement à ce qu’il se passerait si on accède depuis la face antérieure de la dent.

Après l’extraction dentaire, dans la zone des incisives, l’os diminue de l’avant vers l’arrière, et lorsqu’on pose l’implant axialement, l’apex de l’implant est parfois exposé, montrant deux ou trois spires. Pour que cela ne se produise pas, nous utilisons des implants plus courts, qui fonctionnent très bien.

Profondeur de l’implant

Pour la pose d’implant sur le maxillaire inférieur, la profondeur n’est pas si importante, puisque la hauteur de l’implant là où il rejoint la dent n’a pas de grandes répercussions esthétiques, car on ne voit pas cette union quand on parle ni quand on sourit.

Pour les dents du front esthétique supérieur, il faut mettre l’implant 2 mm plus haut que la jonction amélo-cémentaire des dents adjacentes. On démarre du haut, pour que le tissu mou qui entoure la tête de l’implant soit épais et donc qu’il ne se rétracte pas ni expose la tête de l’implant.

Nombre de phases chirurgicales

L’enjeu est de savoir si on pose le pilier de cicatrisation depuis le début ou non et sa répercussion sur la perte postérieure d’os marginal. Il semble que le choix de le faire en une ou deux phases influe sur l’ostéointégration mais pas sur la perte osseuse marginale.

2. Le patient

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Maladies et hygiène de vie

Diabète. Le patient diabétique peut souffrir davantage d’infections et une cicatrisation plus lente.

Ostéoporose. Elle ne représente pas une contre-indication pour la pose d’implant, à condition que le patient ne prenne pas de biphosphonates.

Alcool et tabac. Suivant les doses, leur influence est très négative sur la perte osseuse et la survie des implants.

Les bactéries buccales

Dans notre bouche vivent des bactéries saprofites, présentes « dans la santé et dans la maladie ».

Il n’existe pas de bactéries qui à elles seules soient responsables de la péri-implantite.

Les bactéries deviennent pathogènes quand l’hôte est réceptif ou sensible, autrement dit lorsqu’il souffre de stress, qu’il est fumeur ou buveur, s’il a une mauvaise hygiène ou souffre d’une maladie systémique.

Chez ces hôtes ou patients sensibles, plusieurs bactéries s’unissent, s’introduisent dans l’épithélium autour de l’implant, provoquant la diminution de la réponse immunitaire, des cellules comme du système du complément.

3. Le lit implantaire

single tooth implant

Un implant aura une capacité plus ou moins grande d’ostéointégration et de maintien de cet os dans le temps, suivant:

Le type d’os

L’os peut être plus ou moins dense (de type I à IV) mais il peut aussi y avoir plusieurs types d’os autour d’un même implant. Il faut utiliser la technique chirurgicale adéquate.

L’implant aura un meilleur comportement si l’os provient du propre site implantaire, que si on a recours à un greffon osseux d’une autre zone de la bouche ou d’une autre partie du corps (os iliaque ou calotte crânienne).

Le type de défaut

Il y a une différence entre le cas où l’os est une surface qu’on fore et dans laquelle on insère l’implant et celui où il s’agit d’un trou dans lequel il manque une ou plusieurs parois, qu’il faudra combler avec de l’os du propre patient ou des biomatériaux.

Le type de biomatériaux utilisés pour le comblement

Il existe différents types de biomatériaux. Chaque biomatériau présente différentes propriétés et par conséquent, différentes indications.

Lorsque nous comblons avec des biomatériaux, nous rajoutons un peu d’os du patient obtenu par fraisage, pour stimuler l’ostéogenèse.

Une proportion très habituelle est de 20 % d’os autologue pour 80 % de Bio-Oss. Le Bio-Oss ne se réabsorbe pas, contrairement à l’os autologue, qui se réabsorbe mais seulement après avoir stimulé la formation d’os de comblement.

On utilise aussi parfois 50 % d’os autologue pour 50 % de Bio-Oss. La production d’os est supérieure. Le Bio-Oss augmente le support et empêche la réabsorption du comblement.

Différents biomatériaux formeront différentes qualités d’os, et se comporteront donc différemment du point de vue de la péri-implantite.

 

4. Les caractéristiques de l’implant

Tooth human implant, 3d illustration

Lorsqu’on choisit un implant pour qu’il perdure dans le temps sans qu’il ne se produise de perte osseuse, il nous faut tenir compte de différentes propriétés :

Biomimétisme

Il s’agit d’augmenter l’attraction des ostéocytes à la surface de l’implant. Pour cela, la société Astra ajoute du fluor à la surface et les implants de BTI contiennent de l’hydroxiapatite. C’est une propriété importante pour l’ostéointégration, autrement dit pendant les 4 premières semaines.

Barrière biologique-bactériologique

La jonction entre la couronne en porcelaine, ou autres piliers prothétiques, et l’implant, doit être étanche. S’il se produit des micromouvements, un microgap ou rainure peut apparaître dans laquelle s’infiltrent les bactéries, déclenchant la perte osseuse.

C’est pourquoi il est essentiel que l’implant, comme les piliers prothétiques, soient de très bonne qualité et d’une marque reconnue pour l’application de stricts contrôles de qualité.

Design de la surface implantaire

La présence de macro ou de microspires, et le design de la surface implantaire, sont primordiaux pour l’ostéointégration, autrement dit, pour l’adhésion à l’os. Ils ne sont pas aussi décisifs néanmoins pour la perte éventuelle d’os ultérieure.

Barrière épithéliale

La tête de l’implant doit être entourée d’épithélium épais et stable, capable de sceller le sillon péri-implantaire et d’éviter l’entrée de germes. C’est la caractéristique la plus importante de l’implant pour éviter la péri-implantite et la perte osseuse marginale.

On obtient cette étanchéité grâce au concept de platform-switching ou modification de la taille de la plate-forme, autrement dit, les premiers millimètres de l’implant doivent être plus larges que la plate-forme de connexion à la prothèse pour permettre la formation d’un épithélium de jonction épais qui scellera l’implant.

5. La prothèse

3d lower teeth and dental implant isolated on white

La perte d’os peut se produire en connectant la couronne à l’implant, c’est pourquoi il est important d’utiliser un pilier transépithélial de deux mm ou plus qui empêche la perte osseuse marginale. Qui plus est, lorsqu’on prendra les empreintes pour l’élaboration de la prothèse, l’épithélium péri-implantaire souffrira moins et conservera son étanchéité.